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Discours

Communication annuelle du Président de la République de Lituanie Valdas Adamkus

Monsieur le Président du Seimas,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Chers citoyens lituaniens,

 

C'est la dernière fois que je m'adresse à la Nation lituanienne et au Parlement lituanien par mon rapport annuel. L'année prochaine, ce devoir constitutionnel sera exécuté par un autre Chef d'Etat, en respectant ses principes et la hiérarchie des valeurs, en évaluant le présent et l'avenir de la Lituanie dans différents domaines. Le peuple lituanien connaît mon opinion concernant les défis du pays et les possibilités de les surmonter.

 

J'ai eu un grand honneur et la responsabilité pendant dix ans, durant deux mandats, grâce à la volonté du peuple, d'être le Président de la Lituanie démocratique et libre. Cela fait plus de la moitié de l'histoire de notre Etat indépendant, qui aura bientôt vingt ans. Tous ce temps, j'ai parlé et j'ai travaillé comme mon cœur me l'a dicté, selon les normes de la Constitution et mes convictions, ayant pour objectif, la prospérité de la Patrie.

Pendant mon mandat, j'ai exprimé mon point de vue dans le cadre des questions les plus importantes pour notre pays. Aujourd'hui, je vais partager mes quelques pensées en matière du présent, de l'avenir de la Lituanie, ainsi que de nous, également du peuple lituanien, qui poursuit la voie de sa propre histoire.

 

Cette année nous célébrons le Millénaire de la Lituanie. Cependant, si l'on demandait à ses citoyens, quel événement leurs est le plus important, je pense que la plupart répondrait que les soucis de la période difficile abattent le Millénaire. Une telle coïncidence de ce jubilé exceptionnel avec cette période difficile est un symbole expressif de double sens, qui nous accompagnage tout le temps. A côté des réussites: la défiance et les doutes permanents; à côté du progrès évident: le sentiment que l'on a fait insuffisamment; à côté des discours sur l'espoir: l'inquiétude sur l'avenir. Nous avons cherché ensemble avec les Lituaniens et je cherche la réponse à la question: pourquoi est-ce comme ça? Où est caché l'enracinement de notre société?

 

Je considère que la plus grande perte en Lituanie est que la société, qui est appuyée sur le partenariat social, depuis la restauration de l'Indépendance de la Lituanie n'a pas mûri. Nous n'avons pas réussi à conserver le sentiment de la responsabilité et la communauté des personnes, qui l'a inspiré et lui a accordé des forces afin de restaurer la Lituanie. Chaque citoyen doit répondre à la questionf: combien a-t-il contribué et contribue honnêtement à la prospérité de la Patrie.

 

Premièrement, c'est nous, politiciens, participants de la vie publique, qui devons prendre notre part de responsabilité à ce que nous n'avons pas fait et ne faisons pas. Nous devons reconnaître que nous ne sommes pas capable de rassembler la population pour un objectif commun, car nous montrons de mauvais exemples de notre activité, à cause desquels nous devrions, au moins, avoir honte. Finalement, en faisant peur à la population par une situation, qui est déjà difficile, par une autre encore plus difficile, nous ignorons le développement de l'histoire du monde et l'expérience. Pourtant, cette expérience témoigne que chaque crise, en choisissant une bonne direction, peut devenir le résultat d'une réflexion courageuse et d'une activité de perspectives. Alors, je n'ai pas de doutes que la période difficile d'aujourd'hui peut accorder à nos politiciens une possibilité de réaliser leurs projets, dont ils ont tant parlé. Ils doivent agir d'une telle manière que leurs paroles soient identiques à leur travail. Le premier pas devrait être fait en changeant le système des études supérieures.

 

La crise mondiale n'a pas provoqué en Lituanie un nouveau problème, il existait déjà. Cette crise l'a juste fait ressortir. Son origine est claire et évidente: le manque de réflexion basée sur les valeurs communes et l'activité. Autrement dit, la dépréciation de la morale et sa mise à l'écart.

 

Face à la période difficile, nous pouvons choisir différentes voies; L'une est de subir les facteurs extérieurs, qui ne dépendent pratiquement pas de nous et l'autre voie et d'affirmer que les difficultés que nous subissons n'est qu'un écho des problèmes globaux économiques et financiers. C'est la vérité. Cependant, si nous avions fait tout ce qui dépend de nous, si nous avions travaillé comme il faut, maintenant il nous serait plus facile de surmonter les défis mondiaux. Si nous cherchons les causes de nos échecs dans les tourbillons de la crise mondiale, cela veut dire que nous allons continuer à ignorer la réalité, nous allons donc, nous duper nous-mêmes et nous allons répéter la même erreur, qui nous coûte cher aujourd'hui et pour laquelle nous paierons à l'avenir encore plus cher.

 

En humiliant arbitrairement et en noircissant notre peuple et notre Etat, la Lituanie subit un grand détriment. C'est malhonnête. Toutefois, la même erreur impardonnable est de passer à l'autre extrême et de contester sciemment les problèmes réels et les menaces.

 

Les réussites historiques nous ont aidé à succomber à l'illusion de la vie facile. Après la restauration de l'Indépendance, la Lituanie a récupéré sa place historique légitime dans la communauté des Etats souverains du monde. Etant devenue membre de l'Union européenne et de l'OTAN, notre pays a retrouvé son identité de civilisation et culturelle dont notre Etat a été privé. La prospérité et la sécurité ont été renforcées également. Ce succès est la plus grande révolte dans l'histoire de notre nation et de notre Etat.

 

Malheureusement, avec regret, il faut reconnaître que pour la plupart des personnes, cela leur donné de mauvaises idées. Trop facilement et rapidement le pays a eu confiance après son adhésion à l'Union européenne et à l'OTAN en s'imaginant retrouver la sécurité, l'avenir prospère et calme et le progrès permanent. La conséquence de l'inactivité est une stagnation prolongée. S'étant concentré le partage des fonds de l'Union européenne et ayant cru à la croissance économique permanente, nous n'avons pas pris le parti de faire les réformes cohérentes dans les systèmes de l'enseignement supérieur, de la sécurité de la santé et dans le système judiciaire. Nous n'avons pas changé le système des fonctionnaires d'Etat, surtout celui des salaires des policiers, des pompiers et d'autres. Et, nous n'avons pas économisé les ressources nécessaires pour une période difficile éventuelle.

 

Nous avons beaucoup discuté en matière du renouvellement des réformes nécessaires, même en exagérant certaines choses. Toutefois, ces discours restaient uniquement des paroles et se transformaient en amas de projets de stratégies et de réformes. Ces slogans qui ne se sont pas transformés en travaux concrets, ont exténué la population.

Afin de justifier les incohérences de la création de l'Etat, on a affirmé très souvent que les difficultés de la Lituanie sont objectivement inévitables. Dans cet argument il y a de la vérité: les réformes essentielles ne peuvent pas être faciles et rapides. Mais est-ce une conduite morale de justifier ses erreurs, que, par le passé historique? Est-ce juste, en terminant la deuxième décennie de la liberté, de n'accuser que les circonstances historiques défavorables? Est-ce que, d'une telle manière, nous ne nous rabaissons pas et ne nions pas notre libre choix et notre responsabilité pour l'avenir que l'on souhaite créer?

 

Est-ce depuis le début de la restauration de l'Indépendance que notre vie ne dépendait pas et ne dépend pas aujourd'hui des décisions des politiciens lituaniens? Par exemple, les biens immobiliers en Lituanie, sont devenus des biens mobiliers. Beaucoup de personnes ont été désavantagés par leur Etat, car les lois ont été plus avantageuses pour ceux, qui avaient des relations dans le gouvernement, ainsi que l'information nécessaire afin de reprendre un terrain dans les endroits prestigieux des propriétaires légitimes? Est-ce que, vraiment, les forces extérieures et le patrimoine historique ont prédestiné, qu'en changeant les gouvernements de tous les partis politiques, rien n'aurait été fait concernant la perspective trés importante de la sécurité énergétique de la Lituanie? C'est une liste de questions que l'on pourrait prolonger pendant longtemps. Est-ce que l'égoïsme et l'indifférence des personnes et de la société sont couverts par les circonstances objectives et éventuellement par les intérêts de la société et de l'Etat?

 

Pendant vingt ans, beaucoup de choses ont changé, cependant les réformes essentielles systématiques de la vie de notre Etat n'ont pas été faites. En se justifiant par la nécessité de sauvegarder la stabilité politique par des réformes partielles, et pour cette raison, le pays a été poussé vers la stagnation et il n'a pas pu se préparer comme il le faut pour la période difficile. Cependant, la longévité d'un gouvernement, ou d'un autre, n'est pas une valeur spontanée. Chaque gouvernement ne peut faire plus que ses pouvoirs ne lui permettent pour le bien des citoyens.

Pour cette raison, il faut reconnaître que la coalition exécutive de la minorité et son Gouvernement, font plus d'efforts pour rester au pouvoir que pour faire des réformes. Nous avons manqué de courage afin d'entreprendre les actions déterminées. Certains partis ont incité le Président à dissoudre le Parlement. A mon tour je me suis laissé guider par l'application de la loi car cela était la volonté du Seimas.

 

Si nous avions formé la majorité exécutive plus tôt, il n'aurait pas été nécessaire de faire aussi vite, pendant quelques jours, une réforme des impôts et du budget. De nouveau, nous corrigeons les erreurs hâtivement et constatons les pertes. Cependant, même après avoir corrigé les fautes commises, cela doit nous servir de leçon. Par exemple, il faut changer les mauvaises habitudes, comme les élections du Seimas, qui se déroulent pendant la période, où le budget de l'année prochaine doit être approuvé. Dans ce sens, nous n'avons pas eu le temps d'élaborer le budget correspondant à la situation économique du pays, qui doit se baser sur les priorités du pays. Ce processus est également dérangé par l'atmosphère populiste des élections qui approchent.

 

Chers tous,

 

Les réformes sont nécessaires dans tous les domaines de notre vie, y compris dans la gestion de l'Etat. Je parle, non seulement du bureaucratisme, pour lequel est venu la fin depuis longtemps. Je parle également de la gestion politique du pays, des relations entre les citoyens et du renforcement de leurs politiciens. L'une des tâches les plus importantes est de perfectionner la loi concernant les élections. La confiance de la population envers les politiciens ne sera possible qu'en mettant en oeuvre des élections transparentes et quand les partis seront en concurrence par leurs idées et non par l'argent de leurs donateurs.

 

Les élections en Lituanie se déroulent conformément à toutes les procédures démocratiques, cependant, selon les sondages, la plupart des citoyens sont déçus de la qualité du fonctionnement de la démocratie. Pour cette raison leurs protestations s'expriment de ne pas participer aux élections. La faible activité des électeurs témoigne que le système politique et celui des partis ne sont pas encore performants. Et, au lieu de supprimer les causes de la passivité politique, les électeurs sont accusés du manque de responsabilité et d'omission volontaire.

 

Ce n'est pas un secret que les partis manquent à la démocratie intérieure. Les programmes et les promesses des élections ne sont souvent que des slogans sans engagements. Pour cette raison les coalitions, suite à des élections, sont dévouées aux électeurs et les décisions politiques et économiques ne correspondent pas aux résultats annoncés. L'alternance massive de la dépendance des partis, à la veille des élections, est devenue pratiquement comme une norme. Tous ces phénomènes détruisent la société démocratique et provoquent la déception des citoyens à l'égard du gouvernement. Dans le renforcement des fondements de la démocratie, peu de projets ont abouti. Je ne veux même pas mentionner la nécessité de changer l'ordre des élections, en augmentant de cette manière, le nombre des citoyens qui participeraient à la vie politique.

 

Le danger se présente dans les relations trop étroites entre le monde politique et celui des affaires. Il est évident qu'il faut rompre ces relations, tout d'abord, la dépendance des partis au soutien financier des hommes d'affaires. Pourtant, les amendements de la loi, qui interdisent aux personnes physiques et juridiques de financer l'activité des partis et des campagnes électorales, sont oubliés. Pour cela, je dois répéter encore une fois les mêmes paroles que dans le rapport annuel de l'année précédente: c'est dommage, mais la Lituanie n'est pas encore le pays d'une démocratie consolidée et mûre, et dans notre système politique sont aperçus les traits d'une gestion oligarque. Le devoir important et pressant, c'est de changer une telle situation.

 

L'économie du pays subit également de grandes épreuves. Nous nous sommes réjouis du fait que pendant deux décennies d'Indépendance d'avoir créer une économie forte de marché, nous nous sommes considérés nous-mêmes comme un des leaders des Pays Baltes. En comparant les pronostics les plus pessimistes de cette année avec l'économie il y a deux décennies, le progrès est évident. Cependant, si nous évaluons non seulement les tendances communes, mais également l'histoire de la création du marché, nous aurons beaucoup de questions auxquelles il n'y avait pas de réponses jusqu'au présent, par exemple, est-ce que nous avons créé assez d'espace pour l'initiative privée et pour la concurrence libre? Il faut reconnaître que les affaires en Lituanie n'ont pas été créées uniquement par la voie de l'honnêteté de la concurrence, car les hommes d'affaires qui ont prospèré, ne sont pas forcément des personnes capables et initiateurs.

La protection politique est devenue pour plusieurs hommes d'affaires comme une condition vitale d'existence. Aujourd'hui, le monde politique est lié à celui des affaires, c'est un fait véridique. Tandis qu'une partie de l'économie, même si elle s'appuie sur la propriété privée, ne peut se passer des dotations du budget d'Etat. Les relations d'affaires avec les politiciens et les contraintes administratives superflues restreindrent la concurrence. Notre économie affaiblie a révélé et accentué ces vices.

 

En reconnaissant cette vérité désagréable, nous devons poursuivre avec persévérance la voie du développement des relations des marchés, qui fonctionnent sans problème. Les discours sur les défauts du marché et la crise mondiale du capitalisme ne devraient pas décevoir. Il est nécessaire de se dire qu'il existe déjà de nouvelles dispositions contre la malhonnêteté ou d'autres vices humains, détruisant multiples systèmes. Pourtant, n'est-ce pas dans le marché que la malhonnêteté, dés son décelement, doit être sanctionnée? Car, ici, la concurrence existe, les droits qui défendent la propriété privée, les capacités et la créativité promettent des résultats de travail, mais pas de relations ou de connaissances.

Aujourd'hui, nous recherchons des solutions rapides pour la relance de l'économie. Cela, révélera de nouvelles formes de régularisation économique, de participation de l'Etat dans certains domaines de l'économie et renforcera la coopération entre les pays. Cependant, j'espère qu'à l'avenir les principes essentiels du marché, qui ont démontré une vitalité, et également, accordé une possibilité pour des milliers de populations du monde, de sortir de la misère, de réaliser leurs capacités à la créativité et aux affaires, de mieux contenter les besoins des personnes et de préserver notre environnement. J'espère que nous ne serons pas attirés par les décisions faciles, que nous serons capables de nous concerter pour agir politiquement et d'analyser les causes de la crise économique, que nous serons plus attentionnés pour l'histoire et l'expérience d'autres pays et que nous ne perdrons pas la foi du notre libre choix, responsable et moral.

 

Est-ce que notre expérience et celles d'autres pays ne nous démontrent pas que, notamment, le manque de morale devient un véritable problème régnant dans les centres politiques, qui influencent à la vie de la population et à la répartition des ressources? Le manque des valeurs morales ne laisse pas la place à la solidarité, à la compréhension de la misère et de la peine d'autrui. Il semble que nous oublions que l'attitude morale ne peut être séparée de la liberté et de la responsabilité. La principale cause de la misère ce n'est pas la décroissance économique, mais tout simplement le manque d'humanité et de solidarité.

 

Un tel manque de politique morale pénètre tous les domaines de notre vie et crée la plupart des problèmes. La dépréciation évidente de la morale est la principale cause de la crise actuelle. Tant que cela ne sera réalisé et reconnu, tant qu'il sera considéré que les problèmes principaux de la Lituanie sont des problèmes économiques ou technologiques, rien ne changera l'Etat. La renaissance morale peut aider la Lituanie à surmonter la crise économique et financière, ainsi qu'à garantir la prospérité et l'avenir de la population. Il n'y a pas d'autre voie. En ignorant l'importance de la politique morale, la Lituanie paie déjà, par les émigrés, la tension sociale et l'hostilité entre la société, sa plus grande richesse. Le gouvernement ne doit pas ignorer avec arrogance ces symptômes, qui divisent la société.

 

Je souligne: le pouvoir dans un Etat démocratique ne peut pas chercher une solution en essayant de restreindre les libertés et les droits des citoyens. La solution est: restreindre ces propres pouvoirs en libérant l'économie, l'initiative du bureaucratisme et soumettre les politiciens et des hauts fonctionnaires de ne plus bénéficier de privilèges immérités.

 

La chute morale reflète également que nous ne savons pas appliquer le principe d'un Etat démocratique et légitime: l'autorité du pouvoir judiciaire. Le non-respect pour l'indépendance des tribunaux est toléré, en transgressant la Constitution et en influançant l'irrespect des lois en vigueur. Le Seimas a réalisé mes propositions afin de reformer le système judiciaire en vertu de la nouvelle loi: le transformer avec davantage d'ouverture et de transparence, ainsi que d'inclure les représentants de la société à la sélection des juges. L'incompréhension nous empêche de changer cette situation: si les politiciens ont pour but d'influencer les tribunaux, la réponse du Seimas aux propositions du Président ne soulève que des doutes. Il est indispensable de vaincre cette tentation, qui nous amène vers l'érosion de l'Etat judiciaire, ainsi, il faut laisser fonctionner le système judiciaire en vertu de la loi. C'est un intérêt vital pour la Lituanie.

 

En s'appuyant sur les intérêts nationaux de la Lituanie, notre Etat a surmonté des défis difficiles au sein de la politique étrangère et a passé un examen moral et de fidélité pour les valeurs, en recevant la note supérieure.

 

L'année dernière, la confiance aux principes et aux valeurs de la communauté internationale des Nations Unies a été bouleversée par une agression contre un petit pays de l'Europe. La société lituanienne a été attristée par les violations des principes du droit international: la souveraineté de l'Etat, l'intégralité territoriale du pays, ainsi que les droits de l'homme. Je suis certain que notre Nation connaissant le prix de la liberté, comprend que, seulement la politique étrangère, basée sur les principes démocratiques, sert à la liberté et à la Nation.

Aujourd'hui, adhérent au sein de l'union transatlantique, nous devons prendre la responsabilité morale d'aider les nations, qui aspirent à la même perspective.

 

L'activité, le professionalisme, la capacité de chercher des alliés et des partenaires, ont permis à la Lituanie d'obtenir des résultats concrets. Pour la première fois dans la politique européenne, notre diplomatie a contribué, d'une manière importante, à perfectionner le mandat de négociations de l'Union Européenne concernant un nouveau contrat avec notre voisin, la Russie.

 

L'activité de la Lituanie a eu l'approbation claire non seulement des voisins proches, la Lettonie, l'Estonie et la Pologne, mais également des Pays Scandinaves. La cohérence, en défendant les intérêts nationaux, a aidé les partenaires européens à mieux comprendre les aspects du dialogue de l'Union européenne avec la Russie qui nous sont très importants, afin d'atteindre l'accord européen solidaire.

 

Une telle position de la Lituanie a provoqué le dialogue au sein de notre pays: est-ce que la politique étrangère n'est pas trop idéaliste? Peut-être vaut-il mieux pour la Lituanie de se taire, de ne pas s'impliquer ou tout simplement choisir la voie plus facile promettant de contenter les aspirations matérielles?

 

Les discussions sur la politique étrangère sont nécessaires. Cependant, il est important de ne pas modifier son orientation selon le prix du pétrole ou du gaz, qui varie, et selon les modifications des marchandises en transit. La base essentielle de la coopération économique stable est la relation des Etats, qui est basée sur la concertation mutuelle et le respect. J'ai proposé à la Russie une telle coopération de voisinage depuis le début de mon mandat présidentiel. Notre position ne change pas, car elle a aidé à résoudre des questions difficiles dans l'histoire de la diplomatie, parfois mêmes uniques. Par exemple, il s'agit de la concertation des frontières étatiques, du transit des voyageurs, des marchandises et du transit militaire par la Lituanie dans la région de Kaliningrad de la Fédération de la Russie. Nous avons les opportunités avec nos partenaires européens de bénéficier de ce potentiel.

 

Si la politique étrangère abandonnait les objectifs à long terme, ainsi que les valeurs de base, cela signifierait une trahison des idéaux des actes du 16 Février et du 11 Mars. En cessant d'y croire et en cessant de lutter pour eux, le matérialisme éphémère commencera à régner en submergeant les objectifs stratégiques de l'Etat.

 

Je me réjouis que la Lituanie ait échappé à ces erreurs et ait défendu avec persévérence la liberté, la démocratie et la solidarité. Ce sont les aspirations fondamentales à long terme que l'Europe vit, dont la base est de former non seulement la politique de la Lituanie, mais également la politique européenne de voisinage oriental. La Lituanie, avec son partenaire, la Pologne, et d'autres alliés de la région qui soutiennent l'élargissement de la démocratie, des réformes et de l'espace de la stabilité vers l'Est, créent les bases de la doctrine de cette politique.

 

Nous comprenons parfaitement bien les nouveaux défis de la sécurité au sein de l'Union européenne et de l'OTAN au XXIe siécle. Ce sont les questions sur l'énergie, la cyber-défense et autres, qui ont de l'influence sur la sécurité et la prospérité de chaque citoyen lituanien. Comme la Lituanie est une île énergétique de l'Europe, elle a toujours souligné l'importance de la politique énergétique de l'Union Européenne. Elle a aspiré à la solidarité européenne afin de résoudre ce problème de la région. Les chefs des Etats européens, qui auparavant étaient réservés à propos de cette question, récemment, ont approuvé d'une voix unanime le projet pour le raccordement électrique entre les Pays Baltes, en apportant un soutien tant politique que financier. Cependant, je voudrais souligner que cela n'est pas suffisant, si nous-mêmes, nous ne montrons pas la volonté politique et si nous n'appliquons pas nos devoirs afin de construire une nouvelle centrale nucléaire et de rejoindre les réseaux électriques occidentaux grâce aux raccordements électriques.

Il est évident que tous les efforts de la Lituanie, n'ont pas escompté ce que le pays espérait. Pour les partenaires européens, l'opinion de la Lituanie est importante, elle est respectée et prise en considération. En évaluant nos ressources, nous devons chercher les moyens au sein de la politique de l'Union Européenne, qui permettraient de rester sûr au sein de l'architecture énergétique commune de l'Europe et d'ouvrir la voie vers la zone euro. Notre intérêt national est de soutenir et d'encourager les pays comme l'Ukraine, la Moldova, le Caucase et la Biélorussie et d'y poursuivre la voie de la démocratie. Un dialogue actif permettrait à la Lituanie d'accomplir sa mission en tant qu'un Etat de transit, et celle d'une porte géopolitique démocratique de l'Ouest.

 

Aujourd'hui, aucun Etat ne peut lutter tout seul contre les menaces du terrorisme international, de la propagation des drogues et de la crise économique. Pour cette raison, il est important d'être solidaire les uns envers les autres. La conception des menaces mondiales communes nous engage à continuer la mission en Afghanistan, malgré son assombrissement par la mort de notre soldat. En développant le partenariat exceptionnel stratégique avec les Etats-Unis d'Amérique, en contribuant à l'activité des organisations internationales et régionales, nous réduisons les risques. Malheureusement, il est impossible de les éliminer par les frontières étatiques.

 

En s'appuyant sur le patrimoine historique et en évaluant les réalités de ces jours, nous devons renforcer le partenariat intense et ouvert avec la Pologne, au sein de l'Union Européenne, renouveler le dialogue avec les pays du groupe de Vishegrad et continuer de collaborer d'une manière active avec les Pays Scandinaves, qui nous ont soutenu pendant de nombreuses années. J'ai incité en permanence le développement pour les investissements, les échanges culturels, l'échange d'expérience, englobant les relations directes entre les personnes afin de créer un champ de communauté spirituelle.

 

Afin de développer les relations de bon voisinage et en agissant dans la région entre la mer Baltique et la mer Noire, la Lituanie a pris une ampleur considérable, de cette sorte, nous ne devrions pas déprécier nos aspirations actuelles, qui sont appuyées sur l'expérience historique et de s'imposer dans la carte politique de l'Europe comme un de ces principaux centres.

 

L'expérience historique et les contacts sont importants pour le développement de la politique étrangère de la Lituanie. Nous pouvons réaliser les intérêts nationaux de la Lituanie: la prospérité spirituelle, intellectuelle, culturelle et économique du peuple lituanien et des pays voisins, en s'accordant à la politique européenne, au dialogue transatlantique et à la politique orientale. La Lituanie peut, et doit agir d'une manière solide, en aspirant à révéler la créativité de son peuple au sein de la politique régionale, européenne et mondiale.

 

Aujourd'hui, le monde s'évade de la crise économique et financière, cherche les moyens afin de renforcer l'économie et de relancer la confiance. Cela nécessite d'agir ouvertement et d'une manière solidaire. Il faut résister aux tentations du protectionnisme national. Les grands et les petits pays portent la même responsabilité. J'espère que les objectifs nationaux traceront les lignes directrices de la politique étrangère de la Lituanie et de la diplomatie.

 

Chers tous,

 

Bien que parfois, j'ai été critiqué pour mon idéalisme, je reste fidèle aux mêmes valeurs et aux idéaux de la liberté, de la démocratie et du respect pour l'homme. Seules les valeurs morales et les objectifs communs permettront de ne pas se perdre et de trouver le chemin du labyrinthe de cette période difficile.

 

En se contentant des avantages à court terme, en sombrant dans les intrigues politiques au nom du pouvoir et de la puissance, nous perdons les capacités de lutte contre les véritables problèmes de cette époque. La meilleure stratégie, empêchant un chaos, est définie par les objectifs basés sur les valeurs et les idéaux, ainsi que la mise en œuvre concrète fondée sur les principes et les idées. Ces dernières années, le mot «valeur» est souvent décliné. Toutefois, afin qu'un verbe se fasse chair, il nécessite de la volonté politique et non de la refléxion philosophique.

 

Au cours des décennies de mon existence et de ma carrière politique, j'ai observé de quelle manière l'Occident a cherché des moyens pour surmonter la récession. Convaincu que pour sortir de la crise et se régénérer, il est important non seulement d'économiser de l'argent, mais aussi de l'utiliser rationnellement. Il est plus important d'avoir de nouvelles idées, une nouvelle confiance, de la communication, de nouveaux efforts pour se redresser spirituellement. Savoir ce qu'il nous est le plus important maintenant et dans la perspective à long terme, doivent être les conséquences de décisions politiques. Cela sera seulement possible grâce aux principes conçus et aux priorités.

Il n'est pas nécessaire de chercher des sources d'inspiration ailleurs, elles sont à l'origine de chacun de nous. C'est une idée de création d'un Etat indépendant, juste et respectable, soulevée à l'époque de Sąjūdis. Cette idée nous a conduit à la liberté, lorsqu'il fallu avoir toute la volonté nécessaire et le sacrifice de soi pour y parvenir.

 

Aucune difficulté ne remettra en question les valeurs de la démocratie libérale. La période difficile augmente toujours les tensions sociales, favorise la tentation de s'orienter vers des actions simplifiées, l'autoritarisme et les idées dictatoriales. Toutefois, j'espère que la liberté, la diversité, les règles de fonctionnement avouable, les puissances de la personnalité individuelle créatrice sont les conditions les plus importantes pour la réussite de la Lituanie. Il faut croire à l'homme, aux forces de notre peuple, au sens de la liberté et de la lituanité, comme le moteur principal de la création de notre Etat. Travaillons ensemble au nom de la Patrie, sans distinguer le peuple aux siens, aux étrangers, aux élus, aux ordinaires et aux réprouvés.

 

La Lituanie, menée par ses idéaux, a atteint ses objectifs les plus ambitieux. Nous devons maintenant faire face aux nouveaux défis en écrivant une nouvelle page de l'histoire de la Lituanie. Les nouvelles générations lituaniennes, qui liront ces écritures, nous pardonneront de nos erreurs, mais elles ne pardonneront jamais le mensonge. Soyons honnêtes pour notre Etat, les uns pour les autres, pour nous-mêmes. Ecrivons notre histoire avec justice, avec sincérité, avec morale et avec confiance. Ecrivons, maintenant, sans attendre le lendemain. Travaillons, « pour cette Lituanie. »

 

Merci à vous, les Lituaniens, pour votre confiance et votre soutien que j'ai éprouvé pendant toutes ces années durant ma mission pour vous. Je suis et je serai avec vous.

 

Merci de votre attention.

 

Valdas Adamkus, Président de la République de Lituanie


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